Penser systémique, ça commence au jardin !

Pour Charles Hervé-Gruyer, créateur avec sa femme Perrine de la ferme du Bec Hellouin en Normandie – haut lieu de la permaculture -, la ligne est claire : le dessin de leur potager est pré-Inca. Les photos aériennes leur ont permis de découvrir qu’il y a eu des milliers de jardins circulaires comme celui-ci, dans les hautes vallées des Andes et pour une raison simple : c’est le seul plan qui apporte une vue d’ensemble. Dans des disciplines plus abstraites, pour dynamiser une situation ou mettre en perspective une stratégie, le schéma circulaire a exactement le même avantage : offrir une vision globale. MAIS, le Modèle d’Analyse Interactive des Situations, intègre lui aussi 4 points de vue ;  je l’ai conçu de cette façon, au croisement de 2 axes, pour fixer un cadre à la recherche entre spécialistes et usagers, quel qu’en soit le thème : 2 points de vue verticaux, institutionnel et individuel (pouvoir versus personne et liberté) ; 2 points de vue horizontaux, rationnel et relationnel (causes versus impacts et responsabilité). Avec cette approche qui ne se limite plus aux routines psychosociales mais se montre sensible aux groupes et à leur diversité, les débats sont comme les jardins : ils deviennent plus accessibles. Après le déni d’hier, généré par des modèles de planification trop rigides, voici le défi d’aujourd’hui, explorer des modèles de décentrement flexibles, multicritères. La permaculture a peut-être un avenir pour concevoir d’autres lieux de vie, dans le couplage inattendu de l’invention modeste et de la grande tradition.

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