LES MOTS DU DESIGN : changement de regard

SommetsCe que le design a changé, c’est le point de vue de l’observateur qui s’intéresse à l’impact et aux usages de sa production au lieu de s’en tenir exclusivement aux mobiles, aux causes et aux fonctions. Résultat : deux champs à explorer au lieu d’un, non plus seul mais avec d’autres, les principaux intéressés, les destinataires.
D’un côté le champ de la technique, balisé, cadré ; de l’autre le champ des pratiques, bariolé, haut en couleurs. Sur tout domaine à questions, face aux experts qui en savent long (à comparer), vivent des usagers qui n’en pensent pas moins (à observer, à écouter, à rêver) ; récepteurs, clients ou riverains, bons amis ou laissés pour compte, ce sont les habitants du problème. Quelle que soit la qualité de l’équipe et la rigueur de ses expertises, rien ne remplace l’expérience sensible, à saisir.
Le contexte fait le règlement. Il révèle un pouvoir qui fixe la règle et détermine la grille de lecture. Face aux dirigeants ou aux donneurs d’ordres, l’individu et le groupe, la personne et la communauté. Chacun peut dire ce qu’il refuse et chercher à y voir clair en personne qui s’interroge sur son désir. Du personnel à l’interpersonnel, la façon d’avancer du designer est la mise à l’épreuve de ses valeurs, auprès des gens les plus proches, sur le terrain, solitaires et solidaires.
Le faux texte n’aura qu’un temps. Ce qu’apportent les mots du design, au-delà du vocabulaire argumentaire du spécialiste, c’est la curiosité affinitaire du chercheur, loin du lampadaire, sa passion de trouver le passage, de l’autre côté de la barrière. L’enjeu est de faire signe à d’autres, pour multiplier les points de vue et fournir à chacun des clés de compréhension.

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